L’adaptationnisme ou le retour de Pangloss

02/12/2012
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6H55 mercredi dernier, le radio-réveil me tire lentement du sommeil. Au menu de la matinale d’Inter, cette brève sur des chercheurs français qui auraient prouvé expérimentalement  que les hommes préfèrent les visages des femmes qui leur ressemblent. Comme ce n’est pas vraiment le scoop du siècle, je continue de somnoler tranquillement en écoutant Sophie Bécherel raconter cette histoire.

crédit photo : John Huck

Jusqu’à ce que ce sa conclusion me fasse sursauter dans mon lit: « Pour les chercheurs, ces résultats posent question : la descendance issue d’un couple relativement proche génétiquement présente-t-elle un avantage dans le phénomène de l’évolution ? » Les vieux démons de l’adaptationnisme sont vraiment partout. C’est décidé, cette semaine je m’y attaque!

La fable de la girafe au long cou

Le principal apport de la théorie de Darwin ne fut pas le concept d’évolution – qui était connu depuis Lamarck – mais l’idée que cette évolution n’est pas dirigée, qu’elle ne tendait pas vers un but particulier. Jusqu’alors on considérait que les traits des êtres vivants variaient en réponse aux besoins de leur environnement: c’est le célèbre exemple du cou de la girafe qui grandit pour lui permettre d’atteindre les branches les plus hautes.

L’explication Lamarckienne du cou de la girafe

Darwin n’a pas vraiment pris position sur cette histoire de girafe (on va y revenir) mais de façon générale il soutenait au contraire que différents traits apparaissent au hasard et que ceux d’entre eux qui donnent les meilleures chances de survie ou une progéniture plus nombreuse, ont plus de chance que les autres de se transmettre et de diffuser dans la population.  La variabilité des traits est aléatoire et l’environnement agit comme un filtre qui sélectionne les traits les plus adaptés. La vraie révolution idéologique est là: la sélection naturelle opère sans direction particulière, au grand dam de ceux qui voient dans la perfection de la Nature l’œuvre de Dieu ou du moins d’un « dessein intelligent ».

Au contraire des Etats-Unis, le darwinisme n’a pas rencontré en France beaucoup de résistance religieuse, sans doute en raison de notre tradition laïque. Il n’y a pas de débat ou presque sur le bien-fondé de cette théorie, présentée comme la seule qui tienne la route en matière d’évolution. Derrière cette unanimité de façade, je ne suis pourtant pas sûr qu’il y ait réellement consensus sur l’absence d’intention en matière d’évolution. On a plutôt remplacé le « finalisme » naïf de Lamarck par une version plus subtile de finalisme historique.

Source ici

Reprenons l’histoire de la girafe, devenu un classique de tous les manuels. On y explique que les individus ayant un plus long cou ont eu un avantage sur les autres car ils pouvaient attraper de la nourriture à laquelle les autres n’avaient pas accès et avaient donc plus de chance de survivre et de se reproduire.  Mais comme le remarquent ce billet de Plume! et celui de Taupo, rien ne nous permet d’affirmer que cette possibilité de brouter en hauteur ait été à un quelconque moment un avantage évolutif majeur des girafes à long cou. On peut imaginer mille autres raisons tout aussi compatibles avec la théorie de Darwin. Par exemple, puisque les mâles se battent à grands coups… de cou, ceux qui avaient un cou plus grand ont pu bénéficier d’un avantage sur les autres. Ce long cou a pu aussi offrir une excellente surface de refroidissement ou constituer une idéale tour d’observation, etc. Peut-être même que ce long cou n’a eu aucun avantage réel et que les dames girafes se sont entichées de cet attribut sans qu’on en comprenne les raisons.

Hasard et contingence contre optimal évolutif

Comme le rappelle Stephen Jay Gould, l’utilité présente d’un phénomène ne nous renseigne pas nécessairement sur les raisons de son apparition. Les plumes des oiseaux sont apparues avant l’invention du vol mais ont sans doute été d’abord utiles en tant qu’isolant thermique.

La plupart des traits sont des effets dérivés, des conséquences collatérales d’autres modifications très avantageuses. Parfois ces traits secondaires sont mis à profit: le pouce du Panda par exemple, est une excroissance osseuse qui a d’abord été utilisée comme une aide au déplacement, avant de lui servir pour attraper sa nourriture.

Le clitoris d’une hyène femelle. Source ici

Parfois ils sont neutres: la calvitie chez l’homme adulte est due semble-t-il à un excès d’hormones masculines. Parfois ces traits secondaires sont franchement handicapants: l’énorme clitoris des femelles hyènes tachetées (voir ce billet) est un fardeau évolutif – accoucher par un clitoris n’est pas une partie de plaisir et le taux de mortalité néonatale est élevé – mais semble être le prix à payer en contrepartie d’un fort taux de testostérone, obligatoire pour s’imposer dans la meute.

Chez l’homme, quantité de traits physiologiques sont non-adaptatifs, ou du moins ne leur a-t-on pas encore trouvé de vertu particulière. Le hoquet par exemple, semble être une conséquence du bricolage évolutif qui fit évoluer notre tuyauterie interne de l’état de poisson (ou d’amphibien) à celui de mammifère tout en conservant les mêmes structures nerveuses. Les yeux bridés des populations asiatiques n’ont à ma connaissance aucun avantage adaptatif clair.

Au secours Darwin, Pangloss est de retour!

Malgré ces rappels de bon sens, la vision finaliste de Lamarck est aujourd’hui servie à toutes les sauces dès qu’on parle évolution dans la littérature grand public. A peine prend-on la peine de lui mettre un cache-sexe darwinien:

  • Version Lamarck: « Ce trait est apparu parce qu’il apportait un avantage évolutif »
  • Version crypto-lamarckienne: « Ce trait est apparu (par hasard et s’est imposé) parce qu’il apportait un avantage évolutif »

Passe encore lorsqu’il s’agit d’un trait évidemment avantageux (quoique je ne sache pas vraiment ce que veut dire « évidemment avantageux ») mais je m’étrangle lorsque cet argument est utilisé à l’envers:

  • Version adaptationniste : « Ce trait est apparu, c’est donc qu’il apportait un avantage évolutif ».
Persuadé que chaque détail a été sélectionné par l’évolution, on s’attache à trouver « l’explication » de tous les traits morphologiques. Et puisque le concept de  »stratégie évolutivement stable » a étendu le concept de sélection naturelle aux interactions entre les animaux, cette traque à l’optimalité a gagné l’étude de tous les comportements. Bienvenue dans l’ère panglossienne darwino-compatible où le miracle de la sélection naturelle a soigneusement guidé chaque fait et geste du vivant pour que tout soit au mieux dans le meilleur des mondes.

source ici

Les éléphant(e)s de mer ont toujours raison

Le mâle dominant de retour à son harem, après avoir expulsé un rival. Source ici

Un exemple d’abord du côté des animaux tiré de ce  billet du blog « Les Poissons n’existent pas ». On a longtemps cru que les éléphants de mer étaient polygynes et que toutes les femelles s’accouplaient avec le mâle dominant. Interprétation adaptationniste: les femelles sont ainsi certaines d’avoir les « meilleurs » gènes possibles et de bénéficier de la protection du mâle dominant sur la plage, pour elles et leurs petits. Le mâle dominant, lui, maximise sa progéniture tout en veillant jalousement à ce qu’aucun autre mâle ne puisse en faire de même.

Pas de chance, on s’est aperçu tout récemment que ces dames batifolent la plupart du temps en pleine mer avec d’autres mâles, et que ce gros nigaud de mâle dominant garde sur la plage des petits qui ne sont souvent pas les siens. Toute la belle explication en termes d’avantage évolutif s’écroule-t-elle? Pas de souci, les chercheurs en ont déjà deux ou trois de rechange à proposer, qui sont complètement contradictoires avec la première, mais peu importe puisqu’aucune n’est vérifiable ni réfutable. Car comme l’écrit Sophie en commentaire, « un comportement, ou tout autre attribut que nous pouvons observer à ce jour chez une espèce, a forcement une histoire évolutive ». Il y a donc forcément une bonne raison expliquant pourquoi ce qu’on observe est optimal, il suffit de continuer de chercher.

Les a priori de la psychologie évolutive

Idem pour ce qui concerne les préférences sexuelles de l’homme (le sexe est un thème récurrent des chercheurs en optimalité évolutive), avec cette étude qui m’a sorti du lit mardi dernier. Encore une fois, ce n’est pas son résultat qui m’a choqué mais la quête d’une explication adaptationniste de ce résultat. Ne s’agit-il que d’une déformation médiatique? J’ai été voir l’article en question (ici) et pour une fois, les journalistes ont été plutôt soft en termes d’interprétation. J’ai en effet été effaré par le parti-pris entièrement finaliste des chercheurs (ma traduction):
Les choix des mâles peuvent être influencés par l’incertitude concernant leur paternité, un facteur de sélection naturelle chez les espèces où la survie de la progéniture dépend des soins que lui apporte le père après la naissance. Chez l’Homme par exemple, un homme pourrait préférer une femme ayant des traits récessifs, ce qui augmenterait la probabilité que les traits paternels soient visibles chez l’enfant et le rassurent sur sa paternité. Une autre hypothèse serait que l’attractivité est proportionnelle à la ressemblance (homogamie), ce qui réduirait la dilution génétique (outbreeding depression). Ces hypothèses ont été testées pour différents traits de visage etc.
Concluant que c’est bien la ressemblance qui rend un visage attractif, les chercheurs dissertent longuement sur les avantages évolutifs de l’homogamie. Pour qu’une telle discussion ait un sens, il faudrait supposer qu’il existe un gène favorisant l »homogamie », que ce gène n’ait pas (trop) d’influence sur le reste de ma physiologie et enfin qu’il m’assure grâce à ce trait un meilleur succès reproductif. Pas gagné.

Une explication plus parcimonieuse est que ce trait n’a tout simplement pas de forte valeur adaptative, à l’image de ces femelles Diamants Mandarins qui préfèrent les mâles ayant des bagues rouges plutôt que des bagues vertes. Je vous recommande aussi cet ancien billet de Lydie qui explique comment le mimétisme social rend toutes les femmes amoureuses de Brad Pitt. Pour ce qui est de l’homogamie, une interprétation simple serait qu’on aime mieux ce à quoi on a été habitué que ce soit en matière d’alimentation, d’esthétique, de musique etc. On a donc un faible pour les visages de sa famille, donc pour ceux qui nous ressemble. Pas de quoi faire une brève sur Inter, mais bon…

Pourquoi ça me choque

Vous vous demandez sans doute pourquoi ce travers panglossien me fait tomber de mon lit. N’est-il pas naturel de chercher à comprendre les raisons de ce qu’on observe dans le vivant? Effectivement l’approche ne me choque pas lorsqu’elle reste dans le domaine de la biologie hardcore: physiologie, anatomie, métabolisme etc. En revanche, elle me perturbe à double titre lorsqu’elle déborde de ses frontières naturelles et explore celles  de la psychologie et du comportement.

D’une part, elle laisse penser que les animaux sont comme des robots, pilotés sourdement par leurs gènes qui leur dicte leur conduite. Or on l’a vu dans les nombreux exemples cités plus haut, chaque animal est influencé par ce qu’il observe chez ses congénères (par effet de mimétisme ou d’émulation sociale) et il sait par ailleurs tirer le meilleur parti de son bagage morphologique: le panda qui est né avec une excroissance osseuse sur la patte en profite pour modifier sa manière de se déplacer puis pour s’alimenter plus facilement. Dire que cette excroissance a été optimalisé par la sélection naturelle inverse la cause et la conséquence: ce sont les individus qui savent utiliser optimalement l’excroissance! Le vivant garde une certaine autonomie par rapport à son bagage génétique et l’approche adaptationniste néglige complètement cette plasticité comportementale.

Vous ne connaissez pas xkcd?

Lorsqu’elle s’applique à l’homme, la démarche adaptationniste me choque encore plus pour le caractère normatif qu’elle véhicule implicitement. Lorsqu’on découvre que l’homme est plus doué pour conduire/se battre/dominer etc et que la femme est plus encline à soigner/caliner/entretenir des relations sociales etc., la science ne se contente pas de valider la véracité d’un stéréotype comportemental (on se doute que si c’est un stéréotype c’est qu’il est ou a été souvent vérifié). Avec ces lunettes de Pangloss darwinien, elle justifie en plus de tels comportements par l’avantage évolutif qu’ils ont pu avoir à un moment donné. Le stéréotype n’est plus une vague réminiscence d’un passé révolu, il devient un fait scientifique ayant le statut d’optimal évolutif! On peut toujours ramer pour lutter contre…

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32 Responses to L’adaptationnisme ou le retour de Pangloss

  1. Miss C
    02/12/2012 at 16:05

    « chercheurs en optimalité évolutive » ? Horreur ! Je ne veux même pas savoir ce que c’est. Il y a un autre problème fondamental, c’est que l’espèce humaine ainsi que les animaux domestiques ne SONT PLUS soumis à la pression sélective. Où sont leurs prédateurs ? Où est leur vulnérabilité aux changements de l’environnement ? Si le réchauffement global tue 90% des humains, on en reparlera peut-être dans 50.000 ans, mais en attendant appliquer les outils du darwinisme au comportement humain relève d’un folklore pseudo-scientifique suspect. Le pauvre Darwin a déjà eu assez de problèmes avec le darwinisme social alors qu’il n’y était pour rien, quand cela va-t-il s’arrêter ? Les humains sont attirés par des partenaires sexuels qui leur ressemblent, ou pas, ou qui malheureusement dans la plupart des pays sont plus clairs de peau, ou ressemblent à une vedette de cinéma, ou ont des parents très riches et très âgés, ou autres raisons CULTURELLES, yes ?

  2. 03/12/2012 at 09:08

    Bon article, merci.
    Je préciserai que si nous avons pas eu de procès du singe, en France, ce n’est, au départ, pas en raison de notre tradition laïque (inexistante en 1859) mais pour des raisons plutôt scientifiques : la France a ignoré Darwin dès le départ, à quelques exceptions, ne l’acceptant par exemple que très tardivement à l’Académie et dans la section botanique par dessus le marché. Bref, nous avons toujours été et restons hélas bien souvent lamarckiens, ce qui explique ces réveils difficiles :)

  3. 03/12/2012 at 13:00

    Merci pour ce billet Xochipilli!

    je dois dire que le battage médiatique autour de cette étude (et oui c’est passé sur le Journal de France2) m’avait également irrité pour les mêmes raisons que tu mentionnes ici à savoir l’adaptationnisme naïf.

    Non pas que nous n’avons pas des «prédispositions innées» pour certains critères physiques mais là les auteurs de l’étude vont beaucoup trop loin dans leurs spéculations évolutives à ce titre il faudra aussi que l’on m’explique pourquoi en Chines des femmes se font débrider les yeux pour davantage ressembler aux occidentales afin de davantage séduire les hommes. Qui se ressemble s’assemble? Apparemment les «facteurs cognitifs» comme ceux mentionnés ici (simple faible pour les visages familiers mais aussi donc ceux véhiculés par les médias) semblent prépondérants. Mais rien à faire les auteurs de cette publication s’accroche à leur adaptationnisme naïf (même pour l’histoire des traits récessifs les résultats ne vont pas dans le sens de l’hypothèse de départ). Bref chercher des avantages sélectifs en allant jusqu’à s’aventurer dans des hypothèses en «génétique des populations» à partir d’une «préférence» de certains hommes sur certaines photos retouchées de certaines femmes c’est (et je m’excuse pour les auteurs de l’étude) tout simplement n’importe quoi! Je ne parierai même pas en fonction des résultats de cette étude, de l’attirance réelle que pourrait manifester ces hommes pour certains types de femmes par-apport à d’autres dans la vie de tous les jours! C’est pour dire si je trouve stupide de s’adonner à pareilles spéculations adaptationnistes à partir des résultats de cette étude!

    Cordialement

    Hans

  4. 03/12/2012 at 16:15

    @Miss: malheureusement, l’argument de l’absence de pression sélective actuelle est balayé d’un revers de main par ces psychologues évolutionnistes au motif qu’elle représente une période très courte à l’échelle de l’évolution de l’homme (lire « gène » à la place de « l’évolution de l’homme », bien sûr) et qu’on a donc conservé les mêmes réflexes que nos ancêtres de la savane. Argument aussi abscons que difficile à vérifier en matière de comportement puisque lesdits ancêtres ne sont pas là pour en témoigner.

    @LebLoug: c’est vrai, nous sommes des Lamarckiens qui s’ignorent en fait ;-)

    @Hans: 100% d’accord, c’est très agaçant. Ca fait du bien de voir que je suis pas le seul, mais je n’ai pas trouvé beaucoup de réactions dans ce sens sur le net.

  5. 03/12/2012 at 16:16

    Je crois que la majorité des personnes (et ce même parmi les scientifiques) ne comprennent pas cette absence de finalité dans l’évolution. C’est totalement contre intuitif pour les égocentriques que nous sommes. J’ai développé ce point dans un de mes posts sur mon blog http://www.sciencesaucinema.fr/wordpress/blog/2012/03/29/la-science-se-fout-de-nos-etats-dame/.

    Je pense que ce manque d’acception/compréhension vient du fait qu’on parle quasiment uniquement de la sélection naturelle utilitaire (un caractère est utile donc il est sélectionné) pas de la sélection naturelle sexuelle (préférence pour un caractère chez son partenaire) et encore moins de la dérive génétique et des effets des migrations. Ces deux derniers mécanismes sont pourtant ceux qui montrent le mieux l’absence de finalité dans l’évolution. La dérive génétique est un effet probabiliste qui fait que certains gènes peuvent être plus représenté dans la génération suivante (http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9rive_g%C3%A9n%C3%A9tique). Par ce mécanisme, un gène sans utilité particulière peut très bien se répandre dans une population. Enfin la migration, c’est à dire l’apport de gènes venant d’une autre population peut très bien contre-balancé la sélection naturelle utilitaire qui agit sur une population particulière.

  6. 03/12/2012 at 18:34

    Merci pour cet article pour lequel je suis plutôt d’accord, même si je ne suis pas aussi anti-adaptationiste à l’extrême… Effectivement, on a souvent tendance à vouloir tout interpréter par un avantage évolutif, même si certains traits sont là pour d’autres raisons (le hoquet, oui). Cela dit, ce n’est pas parce qu’un trait est apparu pour une autre raison (le pouce du panda par exemple), qu’il ne peut pas être soumis à sélection pour une utilisation secondaire. Mais bon, je comprends l’exemple. D’ailleurs je trouve dommage qu’on n’enseigne pas suffisamment aux étudiants à réfléchir de manière moins adaptationiste.

    Cela dit, j’aimerais surtout me défendre sur la partie où vous me citez. Même si ça me fait plaisir que mon article soit cité (la découverte de la faible polygynie des éléphants de mers étant d’ailleurs une belle revanche contre les conclusions hâtives), je suis cependant triste de voir que vous vous en servez pour me discréditer, notamment en sortant une phrase, que dis-je, une portion de phrase, de son contexte. Ainsi permettez moi de replacer la phrase entière : « Mais un comportement, ou tout autre attribut que nous pouvons observer à ce jour chez une espèce, a forcement une histoire évolutive, qu’il soit issu d’une forte sélection due à son avantage évolutif, ou qu’il ait évolué par dérive (par « hasard »), et se soit répandu dans la population sans avantage ni inconvénient. »

    « Histoire évolutive » n’implique d’ailleurs pas adaptation ! Dans la suite des commentaires de cet article (notamment le dernier), qui a d’ailleurs donné lieu à un véritable débat, je prends justement position en faveur de l’existence d’autres principes modelant les organismes, tels que le hasard (dérive) et justement les contraintes évolutives ( !), avec des exemples très parlant. La phrase interprétant hâtivement ma citation biaisée n’a donc absolument pas lieu d’être, en tout cas telle que vous l’écrivez et dans laquelle vous semblez… décrypter mes opinions. En aucun cas je n’ai parlé d’optimalité, ni de l’intervention exclusive de la sélection. J’expose simplement dans l’article les hypothèses des chercheurs qui, contrairement à moi, ont étudiés ces animaux.

    J’espère en tout cas que cette interprétation de mes propos est simplement due à une maladresse de votre part, et qu’elle sera reconnue.

    Bonne continuation pour la suite !
    Sophie.

  7. 03/12/2012 at 22:31

    @Sophie: Je reconnais volontiers que la suite de la phrase citée tempère beaucoup l’impression de finalisme. Cela dit, relis le reste du commentaire, tu comprendras qu’il pouvait prêter à confusion lorsque tu écris juste avant cette phrase: « La compréhension des intérêts sous-tendant ces comportements suscite bien plus d’attention, et permet de mieux comprendre des processus évolutifs globaux, ainsi que les compromis auxquels doivent faire face les individus. Par ailleurs, dans la plupart des branches de la science, la description, les évidences empiriques, sont un prétexte à la recherche d’un « pourquoi ». En écologie comportementale notamment, et comme dans d’autres branches de la biologie des organismes, la recherche des avantages évolutifs est une étape primordiale à la compréhension. « Nothing in biology makes sense except in the light of evolution » disait Dobzhansky. »
    Et juste après:  » La recherche en biologie évolutive est précisément de déterminer quels avantages évolutifs apportent tel ou tel comportement. »

    Cela étant, l’objectif n’est absolument pas de te « discréditer », car j’ai trouvé ton billet très bon et c’était uniquement la démarche des chercheurs qui m’a agacé.

  8. 03/12/2012 at 23:34

    J’avais un prof qui nous avait dit ça : « Pourquoi les girafes ont un long coup ? Regardez les boire, avec un coup plus court elles mourraient de soif ». Il avait aussi dit « On dit que les chevaux sont onguligrades parcequ’ils courent, mais en même temps quand tu te promènes sur un doigt tu peux faire quoi d’autre ? ». En plus de trouver ça amusant je trouvait que ça portait à réflexion :) Pour en revenir à ce que dit Hélène et au billet bien sûr, oui on nous parle beaucoup de sélection naturelle mais autant que je me rappelle on nous parle aussi de dérive et de sélection naturelle du moins à l’université. Les grands manquants pour moi sont surtout la pléiotropie (au sens large) et des contraintes phylogénétiques et développementales. J’imagine que c’est parceque ces notions sont plus structurales et moins liées à la génétique des populations… Reste que bien que dérive et sélection sexuelle soient appris, elle ne le sont qu’aux universitaires et on n’insiste peut-être pas assez. Je ne suis pas contre les programmes adaptationnistes (ça reste une explication hardcore puissante), je suis juste personnellement pour qu’on en réduise leur importance simplement parceque tout trait peut toujours trouver une explication adaptative (le cas justement des éléphants de mer :) ). On a donc une affirmation très faible au sens Popperien. Par contre ce que tu appelles du crypto-Lamarckisme n’en est pas pour moi, c’est simplement du « Darwinnisme naif ». En effet, Darwin comme Lamarck cherchent et expliquent l’adaptation, c’est au niveau de l’apparition du caractère (inexpliqué pour Darwin mais pas pour Lamarck) et de son rapport à l’adaptation que les deux auteurs divergent vraiment. On peut donc être tout à fait non Lamarckiste et adaptatif naif. Cependant ce n’est pas sûr que ce soit réellement le cas de la majorité des gens. Ceci dit pour moi il n’y a pas de raison de penser que ça ne fonctionne pas d’un point de vue psychologique ou comportementale. C’est juste bien plus hasardeux.

    Je pense qu’en général on devrait plus insister sur ce qui ne va pas dans l’évolution, comme cet exemple du hoquet. En zoologie ça n’arrête pas : « l’anus opposé à la bouche est une adaptation des bilatériens pour que les déjections soient loin de la bouche » : entoproctes, plathelminthes, bivalves, ophiures et j’en passe beaucoup ont finalement décidé de remettre les deux à côté. Gould répète souvent que ce qui fait que l’évolution est une explication plus puissante que le créationnisme (tous deux expliquant l’adaptation) c’est justement ces traits non adaptatifs ! Ils devraient donc d’après moi être au centre de l’enseignement en évolution !

    En tout cas merci pour ce billet :) Et pour le débat que tu avais ouvert sur notre blog ;)

  9. annaco
    04/12/2012 at 11:09

    Ne pourrait-on pas dire que le hasard engendre le déterminisme ? La preuve en étant l’Humain ?

  10. W
    05/12/2012 at 08:57

    @ Miss C et d’autres

    « l’espèce humaine ainsi que les animaux domestiques ne SONT PLUS soumis à la pression sélective »

    Tiens donc?!
    Il y a forcement pression séléctive. En effet, qui dit absence de séléction dit accumulation de mutations au hasard dans les génomes. Or une mutation menant à l’inactivation d’un gène essentiel sera dans tous les cas contre séléctionnée. C’est évidement peu visible car cette séléction là s’opère assez tôt dans la vie des individus…

    Quant à croire que les hommes n’ont aucun prédateur, c’est un peu naif, n’oubliez pas les innombrables virus et autres bactéries qui mettent à mal notre système imunitaire. Je doute que notre système immunitaire soit quelque chose de figé.

    Sans compter que nous avons quelques beaux exemples de sélection positive, comme l’expression constitutive de la lactase sélectionnée dans les populations ayant du bétail producteur de lait,…

    Quant aux animaux domestiqués, ils sont soumis à une double pression (naturelle et humaine), alors prétendre qu’ils ne sont pas soumis à sélection c’est particulier.

    Bref faut pas croire que parce qu’on a éradiqué les gros prédateurs, conçu quelques vaccins et pratiquons la césarienne que notre génome va rester statique. Nous avons éliminé quelques facteurs de sélection, mais il y en a une infinité d’autres.

    • Miss C
      13/01/2013 at 12:23

      @ W : Bien sûr, les individus avec une mutation génétique non viable continueront de mourir, par définition, et la lactase est un très bon exemple d’adaptation dans un temps relativement court, mais accordez-moi que la transmission du savoir d’une génération à l’autre est un moyen infiniment plus rapide et efficace de préservation de l’espèce humaine que la sélection naturelle.

      Je dis que l’homme n’est plus soumis à la sélection naturelle dans le cadre qui est celui de l’article, c’est à dire les comportements sociaux tels que le choix d’un partenaire. En cela je partage tout à fait le point de vue de l’auteur de l’article qui dit « l’approche ne me choque pas lorsqu’elle reste dans le domaine de la biologie hardcore: physiologie, anatomie, métabolisme etc. En revanche, elle me perturbe à double titre lorsqu’elle déborde de ses frontières naturelles et explore celles de la psychologie et du comportement. »
      Par exemple, il est possible que le gène récessif de l’anémie falciforme qui immunise contre le paludisme représente encore aujourd’hui un avantage sélectif en Afrique de l’Ouest : http://genet.univ-tours.fr/gen001700_fichiers/htm/gen12ch8b.htm

      Il y a un monde entre ce genre de recherche et la pop culture des magasines qui explique par la génétique des populations pourquoi vous avez épousé Cunégonde ou vos relations avec votre patron. Les personnes qui se disent scientifiques ne devraient pas à mon avis permettre ou favoriser cette dérive dangereuse.

      Mon avis diffère du vôtre en ce sens que je pense qu’il reste quelques facteurs de sélection, mais que nous avons éliminé la plupart.
      Quant aux animaux domestiques, oui ils sont bien évidemment soumis à une forte sélection par les humains, cela va sans dire.

  11. 05/12/2012 at 18:12

    Enfin le temps de lire ton article… Comme tu t’en doutes je ne suis pas d’accord sur tout, mais je me justifie :

    - pour l’avantage adaptatif du cou des girafes, je suis entièrement d’accord avec toi qu’il faut être prudent, mais pourquoi s’empêcher de proposer des hypothèses si elles sont testables par la suite ? Cet exemple est surtout utilisé pour montrer la différence darwinisme/lamarckisme, il ne faut pas en faire un archétype des explications adaptationnistes.

    - pour Gould, la question de savoir si un trait a été sélectionné en premier lieu pour tel ou tel avantage adaptatif ne me paraît pas très intéressante. Pour moi le plus intéressant c’est de montrer qu’un trait procure un avantage adaptatif, après qu’il ait été secondaire ou pas c’est un autre problème.

    - « Ce trait est apparu parce qu’il apportait un avantage évolutif » ceci est déjà du darwinisme et pas uniquement du lamarckisme (même si le darwinisme ajoute, comme tu le dis, le caractère aléatoire du changement). Donc tu ne peux pas dire qu’on fait du crypto-lamarckisme en réutilisant cette formulation.

    - « quoique je ne sache pas vraiment ce que veut dire « évidemment avantageux » » c’est tout votre problème aux Gouldiens ! Vous vous passez de la seule théorie que la science possède pour expliquer la fonctionnalité en biologie, ou plutôt vous l’utilisez quand bon vous chante, alors qu’il serait tellement plus simple d’accepter les hypothèses adaptationnistes TANT QU’ELLES SONT TESTEES ENSUITE. Les autres hypothèses ne resteront que des hypothèses, aussi probables qu’une dérive génétique, mais s’il y a « apparence de design », alors il faut faire et tester des hypothèses adaptationnistes !

    - pour les éléphants de mer, je suis curieux de connaître ton interprétation alternative… La polygynie a ces avantages adaptatifs évidents dans énormément d’espèces. Même si les femelles ont des relations ailleurs, ça ne change rien au fait qu’elles continuent à bénéficier de la protection du mâle sur la plage, tandis que le mâle dominant, en moyenne, a toujours plus de relations qu’un autre… Cf aussi différences entre stratégies de relations à court terme et long terme dans le vivant.

    - le passage de l’article que tu cites est au conditionnel tu remarqueras… Après peut-être que les journalistes le prennent pour acquis, mais c’est un autre problème. « il faudrait supposer qu’il existe un gène favorisant l »homogamie », que ce gène n’ait pas (trop) d’influence sur le reste de ma physiologie et enfin qu’il m’assure grâce à ce trait un meilleur succès reproductif. » il y a d’autres possibilités plus parcimonieuses.

    - « cette approche laisse penser que les animaux sont comme des robots, pilotés sourdement par leurs gènes » ça c’est tout simplement faux, sans être agressif, ça témoigne d’une méconnaissance de la psychologie évolutionnaire. Je ferai prochainement une série de billets dessus je pense.

    - « elle justifie en plus de tels comportements » ça c’est aussi un truc que je répète à longueur de posts sur mon blog tellement j’ai peur que les gens ne pensent ça : la psycho évolutionnaire ne justifie rien, elle dit juste ce qui est. Faire la différence entre le descriptif et le normatif !

    Bon encore un long commentaire j’arrête là, mon message c’est ok peut-être que les médias ou de la mauvaise psychologie évolutionnaire ne sont pas rigoureux sur ce qu’on peut conclure exactement du comportement humain, mais cela ne justifie pas de mettre à la poubelle les explications adaptationnistes du comportement humain en particulier quand elles peuvent être testées expérimentalement !

  12. 05/12/2012 at 21:43

    @Homo fabulus: merci pour ton commentaire, je me disais que si tout le monde était d’accord ça ne serait pas drôle!

    Là où on diverge c’est que je ne vois pas pas comment « tester » une hypothèse adaptationniste. Il faudrait pouvoir tester le même animal de la même espèce avec ou sans un trait particulier dans le même environnement. Ce que je défends dans ce billet c’est qu’il y a rarement des traits avantageux en valeur absolu car CHAQUE trait est exploité au mieux par les animaux. Les revirements d’explications au sujet des moeurs des éléphants de mer en sont un exemple éloquent.

    Quelle explication alternative que l’adaptation? J’en donne plein dans le billet et il y a toutes celles que mentionne Nicobola: la pléiotropie, les contraintes phylogénétiques, développementales ou simplement physiques (regarde la raison pour laquelle les tournesols ont toujours comme nombre de spirales un terme d’une suite de Fibonacci). Mais aussi un mélange de hasard et de mimétisme social (pour la sélection sexuelle par exemple).

    Sur l’étude citée, plaider qu’elle n’est qu’au conditionnel me semble un peu fort de café, toutes les études concluent au conditionnel! Mais regarde le programme du centre de recherche de l’ISEM de Montpellier cité par H, c’est au présent et ça vaut son pesant de cacahuètes…

    Sur le pilotage des animaux par les gènes, relis Dawkins (Le gène égoïste): les gènes réplicateurs “fourmillent maintenant en grandes colonies, à l’abri de gigantesques et pesants robots (les organismes, NDLA), isolés du monde extérieur, communiquant avec lui par des voies tortueuses et indirectes, et le manipulant par commande à distance.”

    Enfin, sur la psychologie évolutive et ses mythologies, je crois que ce sera l’objet d’un prochain billet!

    • 09/12/2012 at 18:56

      @Xochipilli : je montrerai dans un prochain billet comment tester ces hypothèses adaptationnistes.

      La pléiotropie, les contraintes phylogénétiques, développementales ou simplement physiques, le hasard, tout ça n’a aucune raison de produire de la fonctionnalité (des organismes adaptés à leur environnement). Ca peut arriver mais la proba est extrêmement faible.

      Ensuite tu cites Dawkins pour attaquer la psychologie évolutionniste mais leurs relations sont assez lointaines, ce ne sont pas des équivalents. Et puis je te trouve gonflé de citer Dawkins comme un déterministe génétique, rien que le concept de « phénotype étendu » qu’il a largement développé est une prise en compte magnifique de l’influence de l’environnement sur le comportement. Le passage que tu cites sert surtout à illustrer sa vision d’évolution gène-centrée et pas individu ou groupe-centré (à laquelle tu t’opposes peut-être en bon gouldien mais c’est un autre problème).

      Je pense que beaucoup de tes remarques viennent du fait que tu connais mal la psychologie évolutionniste, ou que tu ne la connais que par la presse généraliste. Si tu fais un billet là-dessus, je te recommande de lire non pas Dawkins mais Tooby et Cosmides, The adapted Mind, Buss, Evolutionary Psychology, Steven Pinker…

      En même temps je te suis reconnaissant d’avoir ces idées reçues parce qu’une des raisons qui m’a poussé à ouvrir mon blog, c’est précisément de les corriger et montrer que la psychologie évolutionniste, malgré ses apparences « sexistes », « racistes », « spéculatives », qui ne sont que des apparences, a quand même beaucoup à apporter à la compréhension des comportements humains !

  13. 09/12/2012 at 20:03

    @Homo fabulus: en fait là où l’on diverge, c’est que contrairement à toi, je pense que l’individu fait une utilisation optimale de ce qu’il reçoit comme phénotype. Du coup, je pense au contraire que tous les caractères finissent par être pas mal adaptés. Le pouce du Panda en est un exemple. Un autre exemple: la chèvre née sans pattes avant qui se déplace sans problème comme un kangourou.
    Sur Dawkins, je n’ai pas la même lecture ;-)

  14. 16/12/2012 at 16:59
  15. 17/12/2012 at 23:52

    @Hans: j’ai beaucoup aimé l’exemple du bouc, extra comme illustration ;-)

  16. 18/12/2012 at 01:28

    Thanks! ;-)

  17. 22/12/2012 at 19:15

    Les modifications génétiques sont aléatoires : ce n’est pas l’environnement qui « dicte » quel gène doit muter, mais bien le hasard . C’est pour cela qu’on observe dans les populations beaucoup de variations inadaptées au milieu de vie (par exemple, les maladies génétiques rares). Une erreur courante consiste à croire que les modifications génétiques sont une conséquence de la sélection naturelle. En revanche la sélection naturelle a bien le pouvoir de cumuler les innovations adaptées, ce qui aboutit à des adaptations complexes.

  18. 09/01/2013 at 21:54

    Les adaptationistes contre les gouldiens… c’est un faux débat, qui a été (bien) répondu il y a 30 ans déjà : http://academic.reed.edu/biology/courses/bio342/2010_syllabus/2010_readings/Mayr_1983.pdf

    @ Miss : et pourtant, il y a encore de l’évolution directionnelle chez l’homme (sur l’âge à la première reproduction) : http://www.pnas.org/content/108/41/17040.full
    plein d’autres exemples dans les références de ce papier.

    @ Xochipilli : « D’une part, elle laisse penser que les animaux sont comme des robots, pilotés sourdement par leurs gènes qui leur dicte leur conduite. »
    le terme « comportement » a de nombreux sens, depuis la personnalité animale jusqu’à la psychologie évolutive, et regroupe des évènements temporaires (comme une prise de décision à un instant t) avec des observations consistantes tout le long de la vie de l’individu (par exemple, son niveau moyen d’agressivité sur la vie).
    Cette dernière a des bases génétiques plutôt bien documentées pour le coup, pouf : http://scholar.google.fr/scholar?hl=fr&as_sdt=0&q=personality+genetic+koolhaas
    Mais quelque part en quoi est-ce choquant ? On se doute bien que le niveau global de testostérone varie dans une population, et que cela influe par exemple sur les niveaux d’agressivité ou d’activité sexuelle. Pas de quoi dire que ça manipule chaque fait et geste, c’est clair, mais on peut en tirer des conclusions intéressantes sur la stratégie générale que va adopter l’individu dans sa vie.
    De façon générale, c’est dommage/faux de croire que les évolutionnistes ne s’intéressent pas aux contraintes, ou par défaut. Le text-book français sur l’évolution (écrit en grande partie par des gens de l’ISEM, justement ;) ) y consacre un chapitre : https://sites.google.com/site/biologieevolutive/sommaire
    bref, comme le disait Mayr :

  19. 20/08/2014 at 16:50

    Je pense que tout, notre culture, nos traits physiques, etc. sont le résultat d’une adaptation à notre environnement. Les asiatiques par exemple, ils ont les yeux bridés parce que là-bas, il y a beaucoup de vent. Il est par exemple de tradition de manger des buches de noël car durant l’hiver il faut se réchauffer avec du bois. Et pour les couples, j’ai entendu dire que ceux qui avaient un peu le même visage ont été réunis par Dieu.

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