La mondialisation, moteur du Welfare!

Chose promise, chose due. Je m’attaque cette semaine à une rhétorique célèbre: l’effet dévastateur de la globalisation financière sur notre modèle social. Le pari est risqué tant l’unanimité est grande à ce sujet. A gauche, on dénonce la mise en concurrence impitoyable des Etats-providence, dans une course vers le bas dont les gagnants seront les moins-disant en termes de protection sociale, de redistribution, de culture etc.  A droite, c’est du côté des recettes que l’on perçoit un engrenage dangereux: pour continuer à attirer les investissements étrangers, les gouvernements reportent toute la pression fiscale sur les salaires. La hausse du coût du travail provoque alors chômage et déficits publics. Que l’on prenne le problème du côté des dépenses ou des recettes, la conclusion est identique: la mondialisation met en péril le financement de nos systèmes sociaux et une fois arrivés au pouvoir les partis de droite comme de gauche n’ont d’autre choix que de réduire les ambitions sociales de l’Etat et mener des politiques d’austérité: c’est la fin de la politique et le triomphe des marchés. Gloups!

L’internationalisation de la finance: un phénomène récent? Pas du tout!
Avant de s’attaquer à ces arguments bien huilés, on peut déjà relativiser le débat en prenant un peu de hauteur (pour faire plaisir à Tom Roud: notre dépendance vis-à-vis des capitaux étrangers n’a rien d’un record historique. Si l’on remonte l’histoire économique sur plus d’un siècle on s’aperçoit que les marchés financiers étaient bien plus internationaux avant 1929 qu’ils ne le sont actuellement, à cause de l’importance des échanges avec les colonies. Les flux nets de capitaux représentaient environ 5 % du PIB de la Grande-Bretagne à la fin du siècle dernier contre moins de 2% aujourd’hui. Même tendance en France et en Allemagne:

(Graphique tiré de l’exposé sur la globalisation financière de Philippe Martin, à l’Université de tous les Savoirs, 2000)

Si la mondialisation financière nous semble nouvelle c’est surtout parce que nous sortons d’un demi-siècle de restriction des mouvements de capitaux. Bien sûr, l’internationalisation actuelle est très différente de celle du XIXeme siècle, plus volatile et orientée à très court-terme. Mais quantitativement, nous sommes bien moins dépendants de l’étranger que nous ne l’étions à l’époque.

Moins de dépenses sociales? Vous rigolez!
Ceci étant dit, regardons un peu l’ampleur des dégâts qu’elle a provoqués sur notre système de protection sociale. Pour la gauche, nos violents conflits sociaux à propos du déficit public, des retraites ou du trou de la sécu sont des preuves éclatantes de cette toxicité. Depuis les années 1980, lorsque furent dérégulés les marchés, nos gouvernements se montrent-ils de plus en plus chiches en matière sociale? Il suffit de farfouiller sur le site de l’OCDE pour le savoir et voilà ce que ça donne:

Non seulement les dépenses sociales des Etats n’ont pas diminué, mais au contraire la plupart des pays ont vu celles-ci augmenter plus vite que leur PIB. La part des dépenses sociales en France est passée de 20% du PIB en 1980 à 28% en 2005. Idem pour la prise en charge des dépenses de santé par l’Etat, qui est globalement stable depuis 20 ans, toujours selon les statistiques de l’OCDE:

Dans ces deux domaines, on cherche en vain la fameuse « spirale vers le bas » dans laquelle les Etats-Providence seraient aspirés sous la pression des marchés. On ne voit pas non plus de convergence entre les indicateurs des différents pays, qui conservent chacun leur propre modèle politique de développement.


Moins d’emplois publics? Absolument pas!

Même constat concernant le nombre d’emplois dans la fonction publique, que l’on compte le nombre de fonctionnaires (graphique de gauche ci-dessous) ou celui des emplois d’utilité publique comme les missions d’administration, de santé, d’éducation et d’action sociale, parfois déléguées au secteur privé (graphique de droite):

Source: Audier et Baccache-Beauvallet, Emploi dans la fonction publique et fonctions « d’intérêt public » (2006, pdf)

Ni le nombre de fonctionnaires, ni la disparité entre les pays ne diminuent vraiment. En France et malgré tous les effets d’annonces, le nombre de fonctionnaires a fortement augmenté depuis 1995. Ailleurs l’effet est plus masqué car le secteur privé a pris le relais: ce sont les fonctions « d’utilité publique » qui occupent une part croissante de l’emploi total. Au total, la puissance publique gagne plutôt du terrain.

Les marchés financiers réticents face aux dépenses sociales? Au contraire!

Ce n’est probablement pas un hasard si mondialisation et croissance des dépenses publiques font bon ménage. En France, l’ouverture des marchés financiers a coïncidé avec la politique de rigueur du milieu des années 1980, où il fallait renflouer les caisses de l’Etat. Et notre cas n’est pas isolé! Comme le rappellent certains économistes, « avec l’alourdissement de la dette, les Trésors publics nationaux ne pouvaient plus compter exclusivement sur les investisseurs nationaux. Il fallait faire appel aux investisseurs internationaux, en particulier les investisseurs institutionnels, pour acquérir les titres publics nationaux. C’est ainsi qu’au départ les autorités publiques ont libéralisé et modernisé les systèmes financiers pour satisfaire leurs propres besoins de financement » (source):

Si on les suit, les raisonnements de la gauche seraient donc inversés: les déficits ne se seraient donc pas creusés malgré la mondialisation, mais c’est au contraire grâce à la libéralisation des marchés que les Etats ont pu régler leur problème croissant de financement!

Côté recettes: trop d’impôts? Pas du tout!
Passons maintenant aux menaces que fait peser la mondialisation financière sur les recettes publiques. Les partis de tous bords font le même constat même s’ils en tirent des conclusions différentes. Pour maintenir l’attractivité financière du pays, la fiscalité est devenue bien trop légère sur les profits (ce que dénonce la gauche) et beaucoup trop lourde sur les revenus des personnes (ce que dénonce la droite). Pourtant les statistiques de l’OCDE semblent là encore donner tort à tout le monde:

Sur l’ensemble de l’Europe des 15, les entreprises contribuent deux fois plus aux recettes fiscales qu’en 1979 et les individus sont (relativement) moins mis à contribution. En France, les contribuables sont plutôt plus favorisés qu’ailleurs (et les entreprises plutôt moins). Rien ne dit en revanche que l’impôt soit justement réparti, ni qu’il permette de réduire les inégalités…

Trop de cotisations sociales? Vous rigolez!
Le problème viendrait-il des cotisations sociales? C’est l’argument favori de la droite. J’entendais Hervé Morin déclarer vendredi dernier sur France Inter: « Ce qu’il faut, c’est avoir des prélèvements obligatoires qui permettent d’affronter la globalisation dans laquelle nous vivons. Je pense qu’on a besoin d’avoir une fiscalité qui soit adaptée pour que notre économie soit compétitive et à mon sens ça passera par une réforme en profondeur des cotisations sociales qui ne peuvent pas être assises uniquement sur le travail. » Les cotisations sociales pénalisent-elles vraiment notre compétitivité? Si tel est le cas, remarque-t-on au Centre d’Analyse Stratégique, le coût total du travail -cotisations patronales et sociales inclus- devrait peser de plus en plus lourd dans la valeur ajoutée totale du pays (qui se décompose entre salaires, profit des sociétés et impôt). Or on constate justement l’inverse:

Source: Centre d’Analyse Stratégique, note de veille de septembre 2008 (pdf)

Certes l’échelle choisie accentue cette diminution, puisque 5 points de moins en Europe sur 35 ans ce n’est pas non plus la dégringolade. Mais ici encore, la tendance est à l’inverse de ce qu’on pourrait penser: les salaires pèsent (un peu) moins dans l’économie des pays développés qu’il y a 30 ou 40 ans. Où est le bug? Comment l’Etat peut-il financer davantage de prestations sociales sans augmenter le coût total du travail? La réponse est contre-intuitive, selon ces économistes: il n’y a pas de corrélation entre coût du travail et niveau des cotisations sociales. La protection sociale n’alourdit pas forcément le coût du travail car des salaires nets modérés peuvent compenser des charges patronales et salariales importantes. Voilà comment des pays ayant des taux de cotisations patronales très différents peuvent avoir des coûts du travail semblables (la France et la Suisse par exemple ou encore l’Italie et l’Irlande):

Ils en concluent que « les cotisations sociales se comportent au total comme la part socialisée de la rémunération des salariés et non comme une taxe sur les salaires. [Ces résultats] invitent en conséquence à reconsidérer le modèle économique de la protection sociale, pour la voir non comme un enjeu dans la lutte pour le partage de la valeur ajoutée entre salaires et profits, mais comme un mode de redistribution des revenus salariaux (…) Il n’y a dès lors aucun paradoxe à constater qu’un haut niveau de protection sociale collective ne constitue pas un handicap dans la concurrence mondiale. » Incroyable, non?


Et si nous ne devions nous en prendre qu’à nous-mêmes?

Alors, si ce n’est pas à cause de la mondialisation néo-libérale que notre système social est en crise, où est le coupable? Peut-être ne faut-il s’en prendre qu’à nous-mêmes: avec autant de dépenses publics en France, il est difficile d’expliquer la persistance d’autant de pauvreté. Nous sommes les champions du déficit public et pourtant selon l’économiste canadien Timothy Smith « la majorité des dépenses autorisées par ces déficits dans les années 1980 et 1990 est allée à des programmes sociaux non redistributifs déjà existants, au lieu de financier des programmes de diminution de la pauvreté, d’éducation ou d’investissements à long terme dans les infrastructures ». Sa conclusion est cruelle: « les Etats disposent toujours de la liberté et des ressources nécessaires pour corriger la diminution, et certains Etats (Suède, Danemark, Pays-Bas) ont d’ailleurs choisi de le faire. Les autres, paralysés par les corporatismes (France, Italie) et incapables de réallouer leurs ressources à ceux qui en ont le plus besoin, sont précisément les Etats où la rhétorique antimondialisation se manifeste de la manière la plus extrême. » « Ça casssssssse » comme dirait mon NumberTwo…

Sources:
Le site de Melchior sur l’origine de la globalisation financière
L’étude du Centre d’Analyse Stratégique: « Le modèle social Européen est-il soluble dans la mondialisation » (2008, pdf)
Navarro, Schmitt & Astudillo: Is Globalization undermining the welfare state? (Cambridge Journal of Economics, 2004, pdf)
Andreas Bergh, Explaining Welfare State Survival: The Role of Economic Freedom And Globalization (2006, pdf)
Le site des statistiques de l’OCDE
La France injuste de Timothy Smith.

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25 comments for “La mondialisation, moteur du Welfare!

  1. Q
    03/10/2010 at 18:19

    >C'est très intéressant. Quelques bémols tout de même…D'abord sur les recettes fiscales : la contribution des entreprises aux recettes est peut être stable en % des recettes totales depuis 20 ans, mais ce qui importe, n'est-ce pas plutôt le montant de ces recettes totales (en % du PIB) ? Après quelque recherches, je n'ai pas trouvé de chiffres exacts sur 20/30 ans… Mais il me semble qu'on parle beaucoup du déficit croissant des états ces derniers temps. Si les dépenses sont stables mais que le déficit croit, faut-il en déduire que les recettes diminuent ? C'est assez cohérent avec le paragraphe sur le recours aux marchés financiers… Et pour moi, cela signifie simplement qu'une part croissante de nos impôts sert à rembourser la dette, et donc à financer des capitaux. Je ne trouve pas que ce soit une très bonne nouvelle…Du coup, certes, les dépenses publiques augmentent toujours depuis vingt ans, mais à crédit, et on peut se demander jusque quand il sera possible de tenir un tel rythme.Pour finir l'article valide un argument typique contre la mondialisation : la diminution de la part de la rémunération du travail dans la valeur ajoutée, et l'augmentation de la part du capital.On apprend même que les états ont beau taxer plus le travail, le cout du travail reste identique. Autrement dit : les impôts sur les entreprises sont, de toute façon, reportées sur les salariés, pas sur les actionnaires…Compétition internationale oblige ?Je trouve que tout ceci, mis en rapport avec la crise financière récente ainsi que les événements en Grèce, n'est pas très très rassurant.Tout pointe dans la même direction dans un espèce de cercle vicieux : augmentation plus importante de la captation du produit du travail par le capital, d'où augmentation des inégalités, d'où endettement (y compris des états), d'où augmentation du revenu du capital…Mais encore une fois, je suis prêt à me laisser convaincre du contraire !

  2. Xochipilli
    03/10/2010 at 19:49

    >@Q: alors dans l'ordre:- La contribution des entreprises aux recettes fiscales (tous types de prélèvements confondus) a augmenté en % du PIB à peu près partout. D'après le site de l'OCDE (c'est vraiment top et simple à utiliser), elle est passée entre 1980 et 2007 de 2% à 3,5% pour l'Europe des 15 (de 2 à 3% pour la France). Les données de quelques pays sont consultables ici– Je n'ai pas non plus de données indiquant que les déficits augmentent partout; la situation est éminemment variable selon les pays et selon la conjoncture, mais c'est vrai qu'on est les champions en France. En revanche, la Suède, le Canada, les Pays-Bas et l'Allemagne n'ont pas de déficit ou presque en 2008 (voici les données sur quelques pays).- Oui nos impôts (en France!) servent à rembourser les dettes, mais c'est loin d'être la situation dans tous les pays industrialisés.- Concernant la diminution de la part du travail dans la valeur ajoutée, il ne faut pas en exagérer l'ampleur. Comme je l'indique dans le billet, -5 points en 35 ans ce n'est pas une catastrophe. Et encore une fois l'Etat se finance de plus en plus sur les profits contrairement à ce qu'on pourrait croire: c'est quand même une bonne nouvelle!

  3. kelux
    03/10/2010 at 22:38

    >Il y a beaucoup de graphiques avec 3 ou 4 points uniquement, pour en déduire une tendance c'est très juste. Je ne sais pas si c'est une limite des données utilisée mais c'est déjà assez gênant pour réussir à tirer des conclusions.Ensuite, on peut sans problème réussir à arriver à une conclusion différente en utilisant les mêmes données.Les dépenses sociales ont très peu crû ces dernières années malgré une augmentation du chômage, un vieillissement de la population, qui auraient dû mécaniquement contribuer à l'augmentation des dépenses sociales alors qu'elles sont en quasi stagnation depuis une dizaine d'années.Pour l'emploi public il y a plutôt une légère tendance à la baisse depuis le milieu des années 90.« les déficits ne se seraient donc pas creusés malgré la mondialisation, mais c'est au contraire grâce à la libéralisation des marchés que les Etats ont pu régler leur problème croissant de financement! »L'un n'empêche pas l'autre.Les graphiques sur les impôts sont tracés en pourcentage des recettes fiscales c'est bien dommage.Pour savoir si oui ou non l'imposition a augmenté il aurait fallu regarder le montant des impots perçus en fonction des revenus totaux ou des profits.Les profits des entreprises ont fortement augmenté, il est donc logique que les taxes sur ceux-ci aient également augmenté. En revanche il est bien compliqué de tirer des conclusions pour savoir si le taux d'imposition a baissé ou non. En revanche en regardant les données de l'INSEE (alisse.insee.fr) on peut voir que les profits ont augmenté plus vite que les impôts sur les bénéfices.Les impôts sur les revenus sont plutôt à la baisse mais là impossible de savoir qui en profite il aurait fallu une séparation en déciles.Enfin dernier graphique (5 points en moins en 35 ans ce n'est pas la dégringolade, très drôle !). Bon ça dépend aussi de l'année de référence qu'on choisit. Je pourrai prendre 1975 et ça nous donne 9 points de chute.9 points de PIB en 2010 ça représente 174 milliards d'euros en moins dans les cotisations sociales.Et là ça remet à terre tout votre argumentaire : – la mondialisation fait pression sur les cotisations sociales (elles ont chuté) ;- les profits des entreprises s'envolent ;- les cotisations sociales ont chuté, les prestations sociales ont été financées par la dette ;- la dette a été financée par le recours au marché international (contradiction également avec votre premier graphique ).Et dans votre commentaire, en réponse à Q, prendre exemple de l'Allemagne qui fait pression sur les salaires et diminue les prestations sociales afin de favoriser ses exportations, c'est très ironique puisque c'est le contre exemple même de ce que vous vouliez montrer à travers votre article !

  4. kelux
    03/10/2010 at 22:41

    >Oups désolé pour le spam, j'avais une erreur « URI too long » je n'avais pas vu que le commentaire était passé malgré tout.Mea culpa.

  5. Xochipilli
    03/10/2010 at 23:20

    >@kelux: pas de pb pour le spam, j'ai nettoyé ;-)Pour vous répondre point par point:- Je n'ai pas voulu surcharger les graphiques, mais vous pouvez les consulter sur le site de l'OCDE ou sur les sources citées en fin du billet. Et oui, trois ou quatre points suffisent dès lors que les chiffres ne valsent pas d'année en année. Globalement, ces courbes visent surtout à démentir des affirmations telles que "les dépenses sociales baissent" ou "l'Etat prend de moins en moins en charge les dépenses de santé".- Les dépenses sociales ont crû plus vite que le PIB: ce n'est déjà pas mal.- L'emploi public en légère baisse depuis les années 1990: vous avez toutes les statistiques dans le billet, année par année cette fois. Et la courbe du nombre d'emplois des fonctions "d'intérêt public" montre qu'il y a surtout pour certains pays un transfert des emplois de fonctionnaires vers le privé.- Pour l'imposition: voir le lien que j'ai posté en réponse à Q. L'impôt sur les sociétés a crû plus vite que le PIB.- Sur votre dernier paragraphe, je ne comprends pas votre argumentation: * la mondialisation ne fait manifestement pas pression sur les cotisations sociales (qui ont augmenté comme jamais); * les profits s'envolent: oui et alors? * Le déficit s'accroît: comme je l'ai répondu à Q, ce n'est pas une conséquence inéluctable de la mondialisation mais une spécialité bien française.* Je ne vois pas la contradiction entre le premier graphique (ce n'est pas la première fois qu'on dépend des capitaux étrangers) et le fait que ces mêmes capitaux financent notre déficit.Enfin, je ne partage pas votre point de vue sur la politique de l'Allemagne mais c'est un autre débat 😉

  6. kelux
    04/10/2010 at 08:39

    >@Xochipilli : Il était tard, j'étais pressé, tout n'était pas super clair du coup. J'aurais dû attendre :).Que les dépenses sociales aient augmenté plus vite que le PIB ça ne signifie rien, il faut voir quel est le besoin de financement en face. Si le chômage a doublé dans le même temps, c'est assez logique que les dépenses sociales augmentent.En ce qui concerne le dernier paragraphe : la mondialisation a fait pression sur les salaires puisque la part de ceux-ci dans le PIB a chuté de 9 points en 30 ans (5 points en 35 ans, si vous voulez). C'est loin d'être négligeable, le besoin de financement pour les retraites paraît anecdotique à côté (entre 0,9 et 2,3 points de PIB en 2050).Ce fait a permis aux entreprises de faire plus de profit (et donc, logiquement, puisqu'il y a plus de profit il y a plus d'impôts sur les profits). Malgré tout cet impôt a crû moins rapidement que les profits (il faudrait que je mette le doc en ligne, le site ALISSE de l'INSEE étant assez mal foutu pour s'en rendre coup d'un coup d'oeil).Le fait que la part des salaires ait diminué représente un manque à gagner pour les salariés (évidemment) et pour l'état aussi via l'impôt sur le revenu ou les cotisations sociales.Or les dépenses sociales n'ont pas diminué (chômage), ce qui a donc creusé un trou dans les finances publiques.On a trouvé le financement à ce trou via des capitaux étrangers (ce qui n'était pas le cas avant, c'est pour ça que je parlais de contradiction).Pas sûr que l'Allemagne ne soit pas le sujet. Un pays fait pression sur ses salaires pour favoriser ses exportations (http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2010/05/09/il-ny-a-pas-de-modele-allemand/), du coup ses voisins ont la grande tentation de suivre le mouvement pour ne pas être largué. Là on est bien dans « l'effet dévastateur de la globalisation financière sur notre modèle social » que vous contestiez au début de votre article.

  7. kelux
    04/10/2010 at 09:05

    >Tiens, et puis j'y pense un bon exemple de « l'effet dévastateur de la globalisation financière sur notre modèle social » c'est l'actuelle réforme des retraites.Elle n'a pas été voulue par Sarkozy (qui disait il y a encore 1 an ou 2 qu'il était pour la retraite à 60 ans), pas vraiment non plus par une majorité de français. Sa seule raison d'être (à la réforme) c'est de conserver la note AAA des agences de notation. Afin de pouvoir continuer à emprunter à des taux faibles car les ressources de notre pays ne sont pas suffisantes.Je (re)résume ? Baisse de la part des salaires -> Manque de revenus pour l'État -> Appel aux capitaux étrangers pour se financer -> Agences de notation (emprunteurs, de manière plus générale) qui dictent leur loi -> Remise en cause du système social.

  8. Q
    04/10/2010 at 10:31

    >Je lis sur la page wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France : "La croissance de l'endettement des principaux pays développés, à partir des années 1980, a conduit certains économistes à définir et évaluer la « soutenabilité » à long terme de la dette publique d'un pays."Pas sûr que ce soit un phénomène typiquement français donc. Il est également connu que les Etats-unis vivent à crédit depuis des années.Il me semble donc que les dettes publiques (et donc l'argent des impôts captée par la finance) croit depuis les années 80.Un autre indicateur qu'il serait intéressant d'avoir serait les inégalités de revenu depuis la mondialisation.

  9. Xochipilli
    04/10/2010 at 20:34

    >@kelux: Si l'on doit réformer le régime des retraites, je ne pense pas que ce soit juste pour faire plaisir aux agences de notation. Je crois que nos soucis de financement de la sécurité sociale et des retraites n'ont pas grand chose à voir avec la mondialisation et qu'il faut en chercher les causes du côté de la démographie (et de l'inefficacité de l'administration de ces secteurs).Concernant la pression sur les salaires, il est intéressant de regarder le rapport de l'Insee à ce propos (ici). Plusieurs constats intéressants:- p 24 le graphe sur le partage de la valeur ajoutée en France depuis 1950 montre que la part des rémunérations était stable de 1950 à 1970 (aux environs de 70%) avant que le choc pétrolier ne la fasse décoller en 1979 (qu'on ne peut donc pas raisonnablement prendre comme année de référence), pour se restabiliser depuis 1989 à environ 65%. S'il y a pression internationale, on peut dire qu'on la supporte plutôt bien depuis 20 ans.- p41: si on se compare l'évolution de cette part des salaires dans la VA des autres pays, on voit qu'il y a un peu de tout, sans tendance très nette depuis 1990. Certes l'Allemagne décroche, mais des pays libéraux comme les US et le RU montent et descendent au gré de la conjoncture avec même un niveau aux US supérieur au nôtre (ce qui contredit l'hypothèse que plus de mondialisation = moins d'usage du travail et plus d'usage du capital).Le même document nous renseigne p.25 sur le taux le taux de marge des entreprises. Là encore on ne peut pas dire qu'il ait explosé: il est remarquablement stable depuis 1985.Bref, je ne retrouve pas dans les chiffres de l'INSEE la logique infernale que vous décrivez. Cela ne veut pas dire qu'elle soit fausse, mais ses effets sont probablement beaucoup moins significatifs que ce que l'on en décrit.@Q: concernant les déficits publiques: la tendance est actuellement à la hausse mais pour des raisons conjoncturelles. Heureusement que ce n'est pas la tendance de long terme, sinon on voit mal comment les pays adhérents ont pu atteindre les critères de convergence en 2002. Par ailleurs le lien que je vous ai mis dans mon premier commentaire montre que beaucoup de pays s'en sortent bien mieux que nous.Pour ce qui concerne les inégalités, elles augmentent sans aucun doute (le rapport de l'INSEE l'atteste). A quel niveau la mondialisation en est-elle responsable? C'est un sujet de débat: je vous engage vigoureusement à lire le bouquin de Timothy Smith pour vous en convaincre…

  10. kelux
    04/10/2010 at 23:10

    >@Xochipilli :En ce qui concerne les retraites, je veux bien que Sarkozy et Fillon soient de fieffés menteurs mais de là à déclarer *après* la campagne présidentielle qu'il n'est pas question de toucher à la retraite à 60 ans pour se renier un an ou deux plus tard, je ne vois pas quelle autre motivation il peut y avoir.L'évolution de l'espérance de vie ça n'est pas nouveau ça fait quelques temps qu'on est sur cette trajectoire-là et à vrai dire ça n'est pas un problème.Faire cette réforme des retraites permet rapidement de ramener quelques milliards dans les caisses qui sont du meilleur effet pour la conservation du AAA.—Merci pour le rapport de l'INSEE.Pour la courbe p.24 j'y vois une tendance à l'augmentation (légère) entre 1950 et 1989, une forte chute et une stabilisation ensuite.Le problème de la page 41 c'est que la comparaison commence en 1990… Intéressant de noter, néanmoins, qu'en Allemagne ça continue à baisser. Étonnant de noter que le « bon élève » de l'Europe est celui dont la part des salaires dans la VA, baisse, non ?Dommage que vous soyez passé à côté du graphique de la page 17 qui montre une tendance lourde à laisser une plus grande partie de l'excédent brut aux dividendes depuis les années 1980.Pourquoi y a-t-il plus de dividende versée s'il n'y a pas une pression de la part des actionnaires mondiaux ?Comme il a été question du modèle social, ne l'oublions pas.Y a-t-il oui ou non, au nom des déficits, des déremboursements de médicaments, des franchises médicales, une course à la radiation des chômeurs?Vous pouvez dire que les dépenses n'ont pas augmenté en % de PIB mais ça ne signifie rien quant à l'évolution de notre modèle social.(Concernant les inégalités) « C'est un sujet de débat: je vous engage vigoureusement à lire le bouquin de Timothy Smith pour vous en convaincre… »Au cas où on n'aurait pas le temps de lire son livre, vous pourriez nous donner quelques pistes évoquées par l'auteur ?

  11. kelux
    04/10/2010 at 23:18

    >http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/10/04/04016-20101004ARTFIG00606-tva-pme-35-heures-les-propositions-chocs-de-cope.php« Vous parlez de convergence avec Berlin : les allemands ont adopté une TVA sociale il y a deux ans. Faut-il les imiter ?Oui ! Simplement il faut la rebaptiser pour bien expliquer aux Français ce qu'elle est réellement: une TVA anti-délocalisation. Il s'agit tout bonnement de ne plus faire peser tout le financement de notre protection sociale sur les travailleurs. Si on augmente la TVA – les Allemands l'ont fait à hauteur de trois points – et si on baisse parallèlement les cotisations sociales employeurs et salariés, on fait reculer notre coût du travail, donc on favorise l'emploi dans le pays tout en faisant contribuer les importations aux ressources de la Sécurité sociale. »On baisse les cotisations sociales (entreprises et salariés) remplacées par une hausse de la TVA. Qui y gagne ? Les entreprises, pour qu'elles ne délocalisent pas. Ce n'est pas moi qui le dit c'est JF. Copé…(Une taxe carbone aux frontières aurait pourtant un effet assez similaire pour retenir les délocalisations, mais visiblement ça ne l'a pas tenté…)

  12. Xochipilli
    05/10/2010 at 07:29

    >@kelux: sur la distribution de dividendes, je vous renvoie à mon billet sur le sujet (ici): contrairement à ce qu'on pourrait penser, les dividendes ne représentent aucune plus-value pour les actionnaires puisque le cours de l'action diminue mécaniquement du coût des dividendes versés.Sur la réalité de nos difficultés sociales, personne ne les nie, mais nous divergeons sur l'analyse de leurs causes.Pour avoir un résumé du bouquin de T Smith, voyez le compte rendu qu'en fait Pierre Bilger (ici).Et enfin sur la TVA sociale, pourquoi pas?

  13. edgar
    05/10/2010 at 10:33

    >d'accord avec le sens des arguments de kelux.j'ajoute que la notion de "fonctions d'intérêt public" est trompeuse.Lorsque le privé reprend une tâche exécutée antérieurement par l'état, il est fort rare que ce soit, à coût égal, pour une qualité identique.Il suffit de lire les récits épiques de prisons ou d'hôpitaux gérés en partenariat public-privé pour s'en convaincre.On peut aussi considérer la situation du secteur de la santé aux états-unis, où les services de santé sont globalement plus coûteux et de moins bonne qualité qu'ailleurs.Si l'on intègre un effet dégradation des prestations publiques et la baisse des salaires dans la VA, qui n'est pas triviale (ce n'est pas 5% de baisse, c'est 5% de PIB en moins, pas pareil), ça finit par faire beaucoup.Il ne s'agit pas de fermer nos frontières face à ce mouvement, mais de mettre en place des règles intelligentes. Je me suis essayé à en décrire une en matière de taux de change : http://lalettrevolee.over-blog.com/article-35422078.html

  14. sapristi
    05/10/2010 at 21:31

    >Encore un petit bémol, je ne m'avance pas trop, mais les flux de capitaux avec l'extérieur en 1930 n'étaient ils pas dirigés en grande partie vers les colonies?

  15. Xochipilli
    05/10/2010 at 22:39

    >@kelux: sur le sujet de la TVA sociale, je viens de retrouver l'article d'econoclaste de 2007 (attention c'est ravageur).@Edgar: encore une fois, personne ne conteste que notre système social est en crise. La question est de savoir à quel point la mondialisation est responsable du problème.@sapristi: oui c'est une bonne remarque en effet. Mais vous remarquerez aussi que l'Allemagne qui avait très peu de colonies a toujours eu énormément de flux de capitaux avec l'étranger.

  16. Q
    06/10/2010 at 10:12

    >Tout ces sujets sont très compliqués, à mon avis il est difficile d'aborder les choses simplement sur la base de quelques chiffres…Cependant voici une étude intéressante qui semble montrer que la mondialisation accentue la fragilité de notre système économique: http://www.technologyreview.com/blog/arxiv/25845/?ref=rss

  17. kelux
    06/10/2010 at 12:59

    >@Xochipilli :Le lien que vous avez donné ne parle pas de TVA sociale. Il parle d'une taxe afin de compenser les déséquilibres dûs aux taux de change (une TVA sociale toucherait tous les produits d'où qu'ils viennent).Ce qui est dommage c'est que son raisonnement sur l'appareil photo Agfa et Canon tient toujours, même si la Chine ne dévalue pas. Ça montre bien que sa solution n'est pas adaptée.Si des entreprises délocalisent en Chine ce n'est pas (seulement) parce que le Yuan est dévalué. Il semblerait que le coût du travail puisse également jouer un rôle.L'avantage d'une taxe carbone aux frontières c'est de prendre en compte le coût écologie (et social, si possible) des produits importés. L'absence d'une telle taxe favorise l'exploitation des ouvriers à l'autre bout de la planète (un bienfait de la mondialisation). Une taxe qui prendrait en compte les coûts sociaux et environnementaux permettrait de favoriser le travail dans des conditions décentes et de limiter le gaspillage des ressources.Si notre système social est en crise et que, selon vous, ce n'est pas principalement dû à la mondialisation (malgré l'exemple allemand, malgré l'exemple des délocalisations dans des pays à bas-coûts, malgré l'évasion fiscales vers des « paradis'', …). Quelle en serait, selon vous, la principale cause ?

  18. Xochipilli
    06/10/2010 at 20:14

    >@Q: très intéressant comme argumentation et je suis assez d'accord avec l'idée que la mondialisation fragilise les économies face aux crises qui se propagent et s'amplifient plus facilement.@kelux: toutes mes excuses, j'ai copié le lien de Edgar au lieu de celui d'éconoclaste qui se trouve ici.Par contre pour les raisons de notre crise je vous ai déjà répondu: outre d'évidentes raisons démographiques, notre système social est à la fois très inéquitable et géré très inefficacement. Encore une fois, je vous invite à lire le bouquin de Timothy Smith, ou (plus récent) le dernier essai de Cahuc et Zylberberg ("Les réformes ratées du Pdt Sarkozy") ou encore le dernier bouquin d'Alexandre Delaigue ("Nos phobies économiques") qui traitent tous du sujet et dont vous trouverez facilement des résumés sur le net…

  19. edgar
    06/10/2010 at 20:41

    >Mais je n'essayais pas de glisser un scoop pour informer le lecteur que notre modèle social était en crise.J'essayais juste de nuancer l'indicateur "fonctions d'intérêt public". Comme il est stale, (tu/vous ?) en déduis que l'état ne recule pas.Or l'état peut très bien reculer si on remplace 10 fonctionnaires par 7 focntionnaires plus 2 marketeurs et un juriste quand unefonction est transférée au privé.Si on intègre cet effet on peut fortement nuancer le constat que les effectifs publics ou assimilés (via le concept de fonctions d'intérêt public) sont stables.Je note quand même une grosse bêtise chez Delaigue sur la TVA et les charges sociales, quand il explique qu'avec les charges sociales on vend plus cher à l'étranger et on achète moins cher ce qui vient de l'extérieur. C'est vrai si on vend, le problème c'est qu'on ne vend plus !

  20. kelux
    07/10/2010 at 19:07

    >@Xochipilli : Je n'ai pas défendu la TVA sociale, ce n'est pas la peine de me convaincre que ça ne serait pas forcément une bonne idée ;-)Le problème avec les livres que vous me conseillez est qu'ils sont centrés sur la France. Qu'il y ait des inégalités dans le modèle social français, c'est une certitude. Il est très loin d'être parfait. Ça ne veut pas dire que la mondialisation n'aggrave pas cela.Concernant les baisses des recettes, je peux vous conseiller la lecture de cet article : http://www.mediapart.fr/journal/france/210710/ces-dix-annees-de-cadeaux-fiscaux-qui-ont-ruine-la-franceEt si vous n'êtes pas abonné je vous cite une phrase : « le rapport relève ainsi que de 2000 à 2009 le montant total des baisses de l'impôt sur le revenu a atteint de 32,9 à 41,6 milliards d'euros. Cette indication est évidemment majeure. Car comme ne sont assujettis à l'impôt sur le revenu que les 50% des contribuables les plus fortunés, cela veut donc dire que l'essentiel des baisses d'impôts (41,6 milliards d'euros sur 77,7 milliards d'euros) a profité à ces ménages les plus favorisés sous la forme de baisses de l'impôt sur le revenu. »ou encore (sur les entreprises) :« le rapport s'applique à calculer ce qu'il appelle le taux implicite d'imposition: il s'agit des recettes de l'impôt sur les sociétés rapportées à l'excédent net d'exploitation (ENE). Le calcul réserve une première surprise: alors que le patronat français, emmené par le Medef, ne cesse de déplorer des taux d'imposition exorbitant pesant sur les entreprises, beaucoup plus forts qu'à l'étranger, avec notamment un taux de l'IS qui est de 33,3%, le document établit qu'en pratique, compte tenu de ces niches multiples et ces pratiques d'optimisation, les entreprises paient beaucoup moins. «Le taux implicite d'imposition des entreprises françaises est en moyenne de près de 18%, soit un niveau notablement inférieur au taux facial affiché (–16 points)», lit-on ainsi dans le rapport.Mais ce 18% n'est qu'une moyenne. Car, en réalité, le taux implicite d'imposition grimpe jusqu'à 30% pour les entreprises de moins de dix salariés et s'effondre ensuite pour n'atteindre plus que 13% pour les entreprises de plus de 2.000 salariés. Ce contraste entre les petites et les grandes entreprises est d'autant plus invraisemblable que, officiellement, les grandes entreprises sont toutes taxées à 33% alors que nombre de petites entreprises bénéficient d'un taux dérogatoire de 15%. »

  21. Xochipilli
    07/10/2010 at 20:46

    >@kelux: j'ai cru que vous défendiez la TVA sociale, puisque vous écriviez: "Les Allemands ont instauré une TVA sociale il y a deux ans. Faut-il les imiter ? Oui! Simplement il faut la rebaptiser pour bien expliquer aux Français ce qu'elle est réellement: une TVA anti-délocalisation."Les bouquins que je vous conseille sont effectivement centrés sur la France car les autres pays n'ont pas nos états d'âmes en ce qui concerne la mondialisation! Cf mon billet précédent à ce sujet et le sondage ici. Par ailleurs le bouquin de T Smith (qui est Canadien) donne beaucoup d'exemples tirés de l'étranger.- Sur la baisse des impôts sur le revenu, je suis on ne peut plus d'accord, c'est même illustré par un graphique dans mon billet. Concernant l'impôt sur les entreprises je suis plus circonspect car la hausse est peut-être discutable en France selon ce rapport, mais la tendance est globalement à la hausse dans tous les pays l'OCDE (cf mon graphique encore une fois). Je doute qu'ils aient tous usé d'artifices…

  22. kelux
    07/10/2010 at 22:06

    >@Xochipilli : C'est rude ce que vous me faîtes : je citais JF. Copé dont le discours était « faut prendre exemple sur l'Allemagne en remplaçant les cotisations par la TVA sociale pour que nos entreprises ne délocalisent pas ».Pour la hausse des impôts sur les entreprises, désolé mais votre graphique souffre de plusieurs défauts.Le premier c'est l'ordonnée utilisée : % de recettes fiscales. Les impots sur le revenu baissent, donc mécaniquement même si en volume les impots sur les entreprises n'augmentent pas, ils augmenteront en proportion.Le second problème c'est l'échelle utilisée qui n'est pas la même que pour le graphique de gauche et qui laisse penser que la hausse est bien plus forte que la baisse pour les impots sur le revenu.Le troisième c'est que tout est mélangé. Comme mentionné dans l'article de Mediapart les petites entreprises paient (en part relative) beaucoup plus d'impots que les grandes. Ce sont justement ces dernières qui peuvent bénéficier de stratagèmes dus à la mondialisation (on pourra penser aux paradis fiscaux, par exemple) pour faire baisser les impôts qu'elle doit acquitter. Il n'est pas exclu qu'une légère hausse cache des disparités bien plus importantes.

  23. Sébastien
    04/10/2013 at 10:04

    je n’arrive pas à obtenir les images de ce post. dommage !

  24. 04/10/2013 at 10:17

    @Sebastien: C’est réparé!

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